5  000 oubliés des vacances voient enfin la mer

à Cabourg, La Journée commence par un bon bain de mer. Photo Julia Rostagni

à Cabourg, La Journée commence par un bon bain de mer. Photo Julia Rostagni
Julia Rostagni

Le Secours populaire a offert des vacances à des jeunes qui en sont privés, 80 ans après la création des congés payés.

Une vingtaine de personnes patientent sur un bord de rue dans la ville de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Il est 6 heures du matin en ce jeudi 25 août, et un car s’approche. Destination Cabourg (Calvados) et sa célèbre plage. La Journée des oubliés des vacances organisée par le Secours populaire français (SPF) d’Île-de-France vient de débuter. Le but du voyage : faire passer une journée à la mer à quelque 5 000 Franciliens qui n’ont pas pu partir en vacances.

Une demi-heure plus tard le bus roule, s’engage sur l’autoroute et part pour la Normandie. Lorsqu’il fait une halte sur une aire d’autoroute, les lieux sont remplis de groupes d’enfants portant tee-shirt du SPF et casquette colorée. Chaque département a sa couleur. Noir pour Paris (75), orange pour le Val-de-Marne (94), etc. Mourad Belaïd, un des responsables des accompagnants de Champigny-sur-Marne (94), a dans son bus une cinquantaine d’enfants. « Le sourire sur leur visage lorsqu’ils voient pour la première fois la mer, ça n’a pas de prix », lance-t-il après avoir distribué des jus d’orange. Partage, solidarité, découverte, voilà les mots clés de son équipe.

Après avoir quitté l’autoroute, et escorté par les motards de la gendarmerie, le convoi de cars arrive à destination. Des grappes d’enfants s’avancent sur la promenade du bord de mer. L’immense plage de Cabourg s’étend jusqu’à l’horizon. Bientôt, la plage devient multicolore et une ligne de bambins criant leur joie se forme près de l’eau. Chris, 5 ans et demi (il y tient), regarde l’eau avec malice. C’est la première fois qu’il voit la mer. L’eau est d’une couleur éclatante, le soleil resplendissant.

Un signe puissant de solidarité

Plus loin sur la promenade, Julien Lauprêtre, président national du SPF, rappelle l’idée fondatrice de ces Journées des oubliés créées en 1979 : « Si un gosse ne part pas avant le 15 août, il ne partira jamais. » Pour cet ancien résistant, ces temps forts sont d’une importance cruciale : « Dans notre société, qui devient très violente, où le terrorisme, le racisme menacent, c’est une nouvelle forme de résistance qui se forme contre tous ces maux. » L’anniversaire symbolique des 80 ans de la loi sur les congés payés du Front populaire, explique le président du SPF, « a servi de catalyseur pour diminuer les chiffres toujours, hélas !, d’actualité : un français sur deux et un enfant sur trois privés de ce droit indispensable pour vivre mieux les vacances ». La conférence s’achèvera, sous un soleil resplendissant et au milieu des gazouillements des enfants non loin, sur l’annonce du don de 50 000 euros du SPF à son association sœur en Italie. Un signe puissant de solidarité face au récent tremblement de terre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s